Chers membres,
Cette semaine, le 8 avril prochain, aura lieu une rencontre fort importante. Les individus ou les groupes qui désirent répondre à l’appel d’offres du Gouvernement concernant le Mont-Orford sont conviés à une réunion d’information dont le but est de permettre aux soumissionnaires une inspection des biens mis en vente, une visite des terrains et une présentation des états financiers des deux dernières années. Nous pourrons également poser des questions sur tout aspect de l’appel d’offres. Cette rencontre demeure donc cruciale pour la région.
Dans la logique de la prise en charge du milieu que nous souhaitons par la Coopérative, le Conseil d’administration veut soumettre le point suivant à votre réflexion et, en même temps, clarifier certains énoncés qui ont pu porter à confusion lors de notre dernier message.
1- Parts sociales et achat de parts privilégiées
Les parts sociales que nous nous procurons pour devenir membres d’une coopérative nous donnent l’opportunité de participer à la gestion de cette forme démocratique d’entreprise comme utilisateurs, travailleurs ou membres de soutien. En étant membre, par l’achat de parts sociales, nous devenons copropriétaires (et coentrepreneurs) de l’organisation coopérative comme celle du Mont-Orford.
Comme nous le savons tous actuellement, l’appel d’offres pour l’acquisition de la gestion des actifs de la montagne et du golf est lancé. Comme vous le soupçonnez également, des investissements importants sont à faire à la station. Et comme vous l’avez aussi entendu par les médias, la région cherche une formule particulière de financement du programme d’immobilisations à Orford. Le rapport de la MRC en janvier 2009 proposait, entre autres, une contribution des nouveaux promoteurs immobiliers privés (5 000 $ par unité vendue) et dernièrement, un groupe d’élus présentait un projet de taxe de 0,25 % sur l’achat des biens et services en région. Évidemment, ce genre de mesure est toujours mal reçu par la population, surtout dans un contexte économique difficile. Il faut cependant se rendre à l’évidence qu’une forme de financement est nécessaire à la montagne. Comment la Coopérative peut-elle contribuer à ce financement et à cette capitalisation?
Selon la Loi québécoise sur les coopératives, il existe un instrument de financement et de capitalisation important qu’il est possible de mettre en place par l’achat de parts privilégiées pour les membres (article 46) et de parts privilégiées participatives pour les non-membres (art. 49.1).
Ce sont des montants d’argent que les membres et les non-membres investissent dans la coopérative pour qu’elle puisse mener à bien sa mission et ainsi répondre le plus adéquatement possible aux besoins de ses membres. C’est le conseil d’administration qui peut émettre à toute personne ou société des parts privilégiées (# 2.4 de la régie interne de notre coopérative). C’est le conseil qui détermine le montant, les privilèges, droits, taux d’intérêt et restrictions de la part ainsi que les conditions de son rachat, de son remboursement ou de son transfert (art. 46). Selon l’article 48 de la loi, les parts privilégiées ne peuvent conférer à leur titulaire le droit de se faire rembourser ou racheter leurs parts avant l’expiration d’un délai de trois ans de leur émission.
Nous croyons que l’émission de parts privilégiées est un moyen efficace de trouver du financement auprès des membres et des non-membres. Par l’achat de parts privilégiées, toute personne ou organisation intéressée par le projet coopératif que nous présentons (les citoyens, les commerçants, les gens d’affaires, les municipalités et autres) uniraient des idées, du financement et des actions en vue de dénouer l’impasse qui perdure encore. Ainsi, un membre (comme personne ou comme groupe) pourrait « investir » dans sa coopérative en recevant à moyen et long terme un taux d’intérêt sur les parts privilégiées émises. C’est la manifestation d’une prise en charge démocratique et financière des activités de la station par les gens et les organisations de la région. Par exemple, si chaque membre aujourd’hui achetait une part privilégiée de 1 000 $ (en moyenne), la Coopérative pourrait déjà capitaliser un montant de 1M $. Il est possible d’aller chercher, par les parts privilégiées, des montants substantiels, dans la mesure où les gens de la région (membres et non-membres) croient au projet qui est sur la table.
Le conseil d’administration se penchera donc très prochainement sur cette possibilité que lui offre la Loi sur les coopératives. Vous en serez informé très bientôt.
2- Petite clarification
Nous voulons réagir aux propos d’un journaliste qui a fait référence, dans son article, à notre dernier message aux membres envoyé le 31 mars dernier et mis sur notre site Internet la même journée. En voici un extrait : « Aussi, nous venons d’apprendre par les médias que lors de la visite du 8 avril, il est possible que l’on apprenne que le chalet et autres bâtiments devront être partiellement ou complètement reconstruits, demandant des investissements possibles de plus de 6 millions de dollars. »
Monsieur Luc Larochelle, dans l’édition de La Tribune du jeudi 1er avril 2010, commente : « Est-ce à dire que les promoteurs de la formule coopérative se présentant comme une alternative crédible au modèle traditionnel de gestion privée ont bâti leur plan d’affaires sans même avoir lu le rapport du comité Nicolet, qui est disponible depuis plus d’un an sur le site Internet de la MRC Memphrémagog? À la page 33, à l’item « mise à niveau des bâtiments », il est écrit noir sur blanc que le chalet, les boutiques de services et les terrains de la base ont besoin d’une cure de rajeunissement de 6,2M$. Ce rapport ventile l’ensemble des investissements qui seraient requis pour moderniser Orford. Est-ce à dire que la mairesse de Magog, Vicky May Hamm, qui occupe aussi la présidence du CLD Memprhémagog, a exprimé sa préférence sans même avoir testé la connaissance de ses dirigeants du document d’orientation que la région a présenté au gouvernement Charest comme une solution constructive et durable? »
En réponse à Monsieur Larochelle :
• Le Conseil d’administration de la Coop Orford demande depuis le début de la saga Orford d’obtenir les états financiers les plus précis possibles pour compléter son plan d’affaires. On nous a toujours refusé cet accès. Nous avons donc travaillé avec les statistiques du milieu du ski et du golf ainsi qu’avec les chiffres figurants dans le rapport Nicolet. Il est donc absurde d’affirmer que, pour bâtir notre plan d’affaires, nous n’ayons pas lu le rapport Nicolet. Non seulement nous en avons fait la lecture, mais nous avons également fait des commentaires dans un document public et dont la Ville de Magog a elle-même pris connaissance.
• De toute évidence, Monsieur Larochelle, ne se réfère qu’à certaines parties du rapport. Il est également écrit noir sur blanc à la page 35 que les coûts de la mise à niveau des bâtiments tels que décrits dans le rapport de la MRC sont assumés par le gouvernement à l’an 3 et qu’aucune proposition du rapport ne se réfère aux 40 avis de défectuosité émis par la Régie du bâtiment en 2007 (information apportée par la société d’information régionale de Radio-Canada en date du 26 mars dernier : http://www.radio-canada.ca/regions/estrie/2010/03/26/002-chalet-mont-orford.shtml).
• De plus, il est spécifié, dans le même rapport que les 6,2M $ prévus à l’an 3 concernent aussi tous les autres bâtiments (sauf l’atelier mécanique) ainsi que l’aménagement des terrains (sentiers au sommet et Belvédère). Premier constat du rapport de la MRC : le montant mentionné n’est pas exclusif au chalet comme tel. Et pourquoi prévoir de tels travaux à l’an 3? La simple logique exige que, pour effectuer des travaux d’envergure en fonction des besoins du bâtiment, cela exige des experts, des consultations et du temps. Bref, ce n’est pas une opération qui se fait en 7 semaines, même pour le gouvernement! C’est cependant ce que demande le nouvel appel d’offres du 23 mars : un plan d’entretien et de renouvellement des bâtiments et des équipements qui doit être décrit et assumé par le soumissionnaire, et ce, pour le 28 mai 2010!
Voilà donc la nouveauté connue depuis le 23 mars dernier, qui diffère essentiellement du rapport de la MRC. Notons également que le gouvernement du Québec se décharge maintenant de toute responsabilité et précise clairement dans son appel d’offres que la vente est consentie sans garantie et aux risques et périls de l’acheteur. Les choses sont, disons-le simplement, très différentes maintenant.
Compte tenu de ce qui précède, comment prétendre que la mairesse de Magog, madame Vicky May Hamm n’a pas « testé » les dirigeants de la Coop Orford? De plus, précisons que la « préférence » de la Ville de Magog (le conseil de ville) pour la formule coopérative est très claire dans l’énoncé de principe sur l’avenir du centre de ski et sur la mobilisation locale (le 15 février 2010, #83-2010) : la Ville appuie les valeurs (par exemple la prise en charge du milieu) et le mode de gestion de la formule coopérative et non un projet défini, précis et en particulier. Pourquoi le Conseil de Ville de Magog appuie-t-il par principe la formule coopérative? Parce que : L’historique des 25 dernières années nous laisse dans le doute quant à la possibilité pour un promoteur privé d’acheter et de rentabiliser les infrastructures du ski alpin. D’autre part, il est évident pour les trois municipalités impliquées qu’une corporation régionale ou municipale n’est pas une solution envisageable. Il n’appartient pas aux municipalités de gérer les centres de ski, ni de faire porter le fardeau d’un déficit d’opération aux citoyens.(…) Devant ce portrait et l’évidence que ce dossier a grand besoin d’une mobilisation du milieu, les élus et les élues de la Ville de Magog ont décidé de considérer l’alternative proposée par la Coopérative de solidarité du Mont-Orford. (Énoncé de principe de la Ville de Magog, 83-2010)
Conclusion de l’énoncé de principe de la Ville de Magog : « À ce stade, puisque les conditions d’appel d’offres ne sont pas connues, la Ville de Magog n’appuie donc pas un projet défini et précis, mais bien les valeurs et le mode de gestion de la formule coopérative. La Ville de Magog souhaite que le milieu des affaires se rallie autour d’une formule et, si c’est effectivement la volonté du milieu, il pourra compter sur l’entière collaboration de la Ville de Magog. La Ville est prête à se retrousser les manches pour travailler avec les intervenants du milieu autour d’un projet rassembleur, porteur d’avenir, à l’image de notre région. Nous affirmons aujourd’hui notre volonté de faire partie intégrante de la solution. Unissons démocratiquement nos efforts et prenons en main notre destin. » (Énoncé de principe de la Ville de Magog, 83-2010)
Ceci étant dit, nous croyons que le commentaire du journaliste en question est incomplet et porte à confusion. Nous sommes d’accord avec lui que le temps presse et qu’il ne faut pas diviser les gens mais les rallier. Depuis septembre 2006, la Coopérative du Mont-Orford travaille à construire un projet rassembleur, un projet qui permettra aux forces vives de la région, citoyens, commerçants, personnes d’affaires et municipalités d’unir les idées et les actions en vue de dénouer l’impasse qui perdure encore. C’est ce que cautionne la Ville de Magog par son énoncé de principe.
Par conviction et avec les moyens très réduits que nous avons, à coup de bénévolat, de rencontres, d’explications, d’argumentation, face à des préjugés tenaces (près du mépris parfois), à des commentaires de toutes sortes et à une évidente incompréhension du modèle coopératif lui-même, nous continuons le travail de promotion et de mise en œuvre d’une réponse à l’appel d’offres qui nous est présenté actuellement. Que l’on ne nous reproche pas d’avoir fait nos devoirs et de rendre le plus transparent possible le processus de construction d’un projet audacieux.
Pour reprendre les mots de conclusion de Monsieur Larochelle, ce n’est pas l’urgence qui crée l’intelligence, ce sont les gens qui, réunis ensemble, créent une dynamique intelligente de résolution de problèmes, au point parfois de développer des savoirs nouveaux. Voilà le projet auquel nous sommes tous conviés.
Votre CA
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